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Groupe Partouche: enfin un accord avec ses créanciers

Groupe Partouche : enfin un accord avec ses créanciers ?

En proie à de grosses difficultés financières, le casinotier français Groupe Partouche avait choisi à la fin du mois de septembre 2013 de se placer en procédure de sauvegarde, un choix permettant de geler pendant six mois l’exigibilité des dettes mais aussi laissant le temps de trouver un accord avec ses créanciers.

En effet, avec une dette de 233 millions d’euros à rembourser d’ici 2015, Partouche a assurément opté pour la bonne stratégie, surtout qu’un accord avec ses créanciers a été trouvé pour rééchelonner ses remboursements…

Eh oui, alors que le terme de la procédure de sauvegarde arrivait, le Groupe Partouche a annoncé hier avoir trouvé un accord avec ses créanciers qui va permettre de rééchelonner sa dette d’ici 2022.

Il aura donc fallu du temps, beaucoup de temps pour que cet accord soit trouvé. Il faut dire que les créanciers, et en particulier Oaktree, un fonds d’investissement américain à qui le Groupe Partouche devait près de 38% de sa dette, se sentaient en position de force pour négocier.

Oaktree avait d’ailleurs les clés en main pour empêcher tout accord entre Partouche et ses créanciers puisque sans son aval, la majorité des deux tiers ne pouvait être obtenue. Néanmoins, Oaktree, à l’image des autres créanciers du Groupe Partouche, n’a préféré pas jouer avec le feu craignant que le juge qui devait se prononcer en l’absence d’accord n’offre à Partouche un étalement du remboursement de sa dette jusqu’en 2024 !

Partouche cède de nombreux actifs, dont des casinos

En acceptant de céder de nombreux actifs immobiliers (Casino de la Grande Motte, murs du Casino de Vichy, Casino de Knokke, …) durant la procédure de sauvegarde mais aussi en stoppant son activité de jeux en ligne jugée non rentable, le Groupe Partouche a montré patte blanche et a assurément prouvé à la justice française sa volonté d’assurer sa pérennité.

Avec pas moins de 46 casinos, une vingtaine d’hôtels mais aussi des établissements thermaux, des golfs et même des plages sous sa gestion, le Groupe Partouche tout comme l’Etat Français, avaient de toute manière intérêt à tout faire pour éviter des plans sociaux, voire au pire une éventuelle banqueroute.

Pour autant, dans l’accord trouvé entre créanciers et le Groupe Partouche, c’est assurément le casinotier qui sort gagnant car, s’il n’a pas obtenu l’échelonnement du remboursement de la dette sur 10 ans, il a néanmoins obtenu diverses conditions qui lui sont favorables.

En premier lieu, l’accord prévoit un remboursement des 233 millions d’euros d’ici 2022. Selon les termes de l’accord, le Groupe Partouche devra effectuer un versement immédiat de 48 millions d’euros aux 13 créanciers puis étaler le reste de la dette sur les 8 années suivantes (soit environ 25 millions d’euros par an).

En second lieu, en plus du temps laissé pour rembourser, le Groupe Partouche bénéficiera d’une baisse du taux d’intérêt de son remboursement à compter du 16 Décembre 2016 puisque le taux d’intérêt passera à cette date de 3,50% à 3,25%.

En contrepartie de ces deux « avantages » conférés à Partouche pour rembourser ses dettes, les créanciers ont également obtenu une garantie à savoir que 50% du montant des futures cessions du casinotier soient directement affectés au remboursement de la dette.

Une chose est sûre, l’accord trouvé entre le Groupe Partouche et ses créanciers va permettre au casinotier de sortir la tête de l’eau et de se reconcentrer sur ses activités, les négociations de l’accord ayant occupé le plus clair du temps de la Direction ces dernières semaines.

Néanmoins, tout est loin d’être rose pour le Groupe Partouche puisque son chiffre d’affaires continue de diminuer au fil des trimestres, la crise empêchant toujours les Français d’augmenter leur budget dédié aux dépenses de jeux de hasard. Pour autant, l’horizon pourrait se déboucher si toutefois les pertes nettes du groupe continuaient de diminuer également…

4 commentaires

  1. J’en apprends tous les jours !

    Je ne savais pas qu’un aussi grand groupe comme Partouche pouvait avoir des dettes aussi impressionnantes ! J’en reste sans voix…

    Au vu de la dette, pas étonnant que les négociations aient durées aussi longtemps…

    Honnêtement, je ne vois pas un aussi grand groupe qui possède autant de casinos et autres établissements (hôtels, restaurants etc.) mettre la clé sous la porte.

    Ce qui m’étonne, c’est de lire que le casino de la Grande Motte a été cédé. Celui-ci a pourtant été agrandi ( et pas qu’un peu ) il n’y a pas si longtemps. Il est tout beau, tout neuf !

    Quoiqu’il en soit, heureusement que Partouche est toujours là car ce sont les casinos en dur que je préfère 🙂

  2. Qui paye ses dettes s’enrichit. A-ton coutume de dire !

    Le groupe Partouche, bien conscient que le poids de sa dette pouvait négativement influencer ses activités en voulant les payer, a tout simplement choisi de la rééchelonner afin justement de gagner du temps.

    Il est vrai que le rééchelonnement a été gagné, mais la dette demeure…

    Ce que le groupe Partouche a fait, c’est tout simplement de renvoyer le paiement à une échéance lointaine et c’est tout.

    Même le gain obtenu sur la baisse du taux de remboursement de certains prêts ne peut pas résoudre le problème de ce grand casinotier.

    Plus on est grand, plus on a des besoins. La dette du groupe Partouche est je dirai, à la hauteur de ses capacités. Elles est certes très élevée, mais je pense qu’elle arrivera à l’annihiler.

  3. Je ne pensais pas que le groupe Partouche était en difficultés financières. Encore une information apprise grâce à ce site.

    Bien heureux tout de même que ce grand groupe de casinos a pu trouvé un accord pour pouvoir échelonner sa dette.

    Pourtant, je m’interroge… car je pensais que les casinos étaient toujours gagnants !

    Cette dette est peut-être due aux petits rendements de ces casinos. Ou encore à la rentabilité de ces investissements.

    Je dois avouer quand même que je suis content qu’un accord a pu aboutir car sinon, hormis sur le plan social que ça aurait pu générer, cela aurait été aussi un manque à gagner pour l’État français et surtout les communes à mon avis.

  4. Je ne suis pas dut tout étonné d’apprendre que le groupe Partouche a atteint un taux d’endettement aussi important et doit trouver des solutions urgentes pour rembourser ses créanciers.

    Le groupe Partouche est bien connu pour sa volonté et sa façon de vouloir faire les choses en grand, tel que des casinos gigantesques, des aménagements spacieux, des bars et restaurants classieux et l’ouverture de casinos un peu partout en France.

    C’est en quelque sorte un empire que Partouche souhaite développer et cela demande des moyens considérables et mêmes des emprunts d’argent colossaux afin de concrétiser ce rêve un peu fou de vouloir acquérir la plus grande part du marché des jeux d’argent en France.

    A mon avis, avoir la folie des grandeurs peut s’avérer être une source de difficultés financières par la suite…

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