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Casinos en Arménie, 768 suicides à cause du jeu

Casinos en Arménie, 768 suicides à cause du jeu

Petit pays situé au Sud du Caucase, l’Arménie est aujourd’hui largement touché par le chômage (le taux de chômage est de 17,6% officiellement, plus de 30% selon les observateurs) et par la pauvreté.

C’est donc dans ce contexte que les casinos en Arménie sont apparus et ont finalement poussé comme des champignons attirant une clientèle locale toujours plus nombreuse, et qui pense que la chance au jeu est le seul moyen de bénéficier de meilleures conditions de vie.

Seulement, la réalité est toute autre et les pertes d’argent dans les casinos arméniens auraient causé la mort de 768 personnes en 2013. Le gouvernement arménien a donc décidé de réagir.

Plus de 100 casinos dans la capitale d’Arménie, Erevan

Dans un pays où le salaire moyen est de 113 163 drams (soit environ 220 €) et où le taux de chômage ne cesse de grimper, toutes les solutions pouvant permettre d’avoir une meilleure vie sont utilisées par la population. C’est ainsi que les jeux d’argent, par le biais des casinos terrestres, ont connu un fabuleux essor en Arménie.

En effet, interdits sous l’ère soviétique, les casinos n’ont été autorisés dans ce pays du Sud-Caucase qu’à la fin des années 1990. Et depuis, les casinos en Arménie ont fait plus que s’implanter dans les grandes cités du pays puisque les casinos terrestres ont poussé aux quatre coins du territoire.

Rien qu’à Erevan, la capitale et dans sa banlieue, on compte ainsi aujourd’hui plus de 100 établissements de jeux. Bien entendu, si ces casinos poussent comme des champignons, c’est qu’ils connaissent un réel succès auprès de la population locale.

Et oui, la pauvreté, de plus en plus visible au sein de la société arménienne, est telle que les individus sont de plus en plus nombreux à penser que le jeu est la seule solution pour sortir de la misère. Ainsi, ce sont les individus les plus pauvres qui jouent leur maigre portefeuille pour essayer d’obtenir une vie meilleure.

C’est d’ailleurs assurément ce qui commencent à réellement poser problème et ce même aux autorités arméniennes qui étaient pourtant ravies de voir les taxes sur les jeux d’argent remplir toujours plus les caisses de l’Etat.

Il faut souligner que les casinos en Arménie ont aujourd’hui des conséquences sociales dramatiques. En effet, si la dépendance aux jeux d’argent touche de plus en plus d’individus, les conduisant dans une précarité encore plus importante qu’avant qu’il n’ait joué, ce sont finalement les suicides faisant suite à des pertes d’argent aux jeux qui ont alerté le gouvernement arménien.

Selon des études, les pertes d’argent dans les casinos en Arménie auraient été la cause de 768 suicides en 2013, un chiffre qui fait froid dans le dos et qui ne peut malheureusement qu’augmenter à la vue du contexte économique difficile de cette République d’Europe de l’Est.

Le pire dans cette histoire est incontestablement que la majorité des casinotiers continuent d’inonder leurs clients potentiels de publicités rappelant que jouer au casino peut offrir une vie digne de celle vécue par les plus grandes stars d’Hollywood. Certains vont même jusqu’à fournir à leurs clients les cartes de visite de psychologues partenaires

Quelques casinotiers avouent néanmoins que cette stratégie de communication les gêne profondément et qu’il souhaiterait davantage que leur casino devienne un endroit pour se divertir, le vrai rôle d’un établissement de jeux, plutôt qu’un lieu où les plus pauvres viennent espérer des jours meilleurs.

Ces propriétaires de casinos, minoritaires, espèrent d’ailleurs que la nouvelle législation sera promulguée rapidement. Effectivement, face aux dramatiques conséquences sociales, deux députés arméniens ont en effet décidé d’agir en proposant des restrictions à l’accès aux établissements de jeux.

Les deux hommes politiques souhaiteraient ainsi interdire l’accès aux casinos du pays aux personnes de moins de 21 ans, aux personnes souffrant de dépendance aux jeux et pouvant causer la ruine de leurs proches ainsi qu’à n’importe quel individu sur demande d’autres joueurs.

Pour les députés Arzoumanian et Marukian, les deux porteurs de ce texte, le problème de la dépendance doit être traité de manière urgente en Arménie. C’est d’ailleurs pour cela que le texte est en ce moment même en discussion à l’Assemblée Nationale.

6 commentaires

  1. Alors là, on a un cocktail détonant, voire explosif : un chômage de masse, un salaire moyen aux alentours de 200 euros et des promesses de vie meilleure relayées par les casinotiers eux-mêmes !

    Tout ça laisse songeur quant au nombre de suicides induits par les jeux d’argent dans ce pays. Et si le nombre de 768 suicides est important, il n’évoque pas les autres drames tels qu’endettement, perte d’emploi, divorce etc.

    Espérons que leur législation se durcisse, mais même dans les pays plus riches, la situation reste semblable. Rien qu’à Montréal, on compte chaque années une petite dizaine de suicides liés directement aux jeux d’argent, parfois même sur le parking du casino…

  2. 100 casinos dans la capitale de l’Arménie c’est énorme ! Je suppose qu’il n’ont pas de système de jeux comme la FDJ, comme le dit mority45, un chômage qu frise des records et un revenu de misère, c’est pas étonnant que les arméniens se ruent dans les casinos pour espérer une vie meilleure. Moi-même, je serai le premier à le faire.

    L’Etat quant à lui, semble être en léthargie et ne prône pas le jeu responsable, tant que l’argent rentre dans les caisses, mais bon 768 vies envolées à cause de cela, c’est révoltant. L’Etat est en parti, voire en totalité responsable.

    Quant aux casinos qui proposent des cartes de visites de psychologues “partenaires”, là, je suis scotché. J’espère au moins que les psychologues sont gratuits !

    Il ne faut jamais espérer gagner de l’argent en allant au casino, seulement se divertir et s’il y a un gain, et bien tant mieux, on l’empoche et on part de suite !

  3. C’est dommage de constater qu’autant de casinos sont autorisés à exercer dans une seule ville.

    La faute est à l’état Arménien qui a autorisé tous ces casinos à exercer et pousse ses citoyens vers ces casinos.

    Vu le nombre impressionnant de casinos, c’est à juste titre qu’ils se font la concurrence mensongère sur le dos des habitants gagnés par la pauvreté et le chômage pour les attirer.

    Une population dans une telle situation de détresse croit pouvoir trouver son salut par un tour de baguette magique proposé par les casinos qui, sans vergogne, profitent de la situation car encouragé par l’état Arménien.

    c’est déplorable pour cette population qui est laissée à son elle-même…

  4. Quand une population est gagnée par le désespoir et l’incertitude dans l’avenir, elle ne peut que se tuer à petit feu en adoptant des comportements de désespoir.

    Cette population Arménienne n’a pas d’autre choix que de s’adonner aux jeux avec l’espoir qu’un jour, le jackpot tombera…

    C’est donc dans le rêve que vit cette population. Cette situation est d’autant plus déplorable que l’Etat lui-même favorise cet état de fait en autorisant autant de casinos à s’implanter dans la capitale.

    Même si l’Etat n’a rien à proposer à sa population en termes d’emplois, encourager autant d’établissements de jeux, c’est encourager les gens à ne pas réellement réfléchir à leur sort pour trouver des portes de sorties honorables.

  5. Malheureusement, on voit de plus en plus de cas comme ici. La crise étant là pour tous.

    Ici, les chiffres sont d’autant plus effrayants qu’ils se conjuguent avec chômage et qualité de vie.

    Jouer aux casinos pour les Arméniens relèvent plus du désespoir que du rêve malheureusement…

    Et assurément, ils n’y prennent aucun plaisir et voient là juste une issue de secours à mon avis.

    On peut souligner que ces deux députés ont eu une belle responsabilité en édifiant ce texte, malheureusement vue la situation économique du pays, je ne suis pas sûre que cela sera suffisant…

    Interdire les jeux d’argent à ceux qui souffrent d’addiction, je dis oui, encore faut-il pouvoir les recenser…

  6. Voilà un sujet qui mérite qu’on y prête attention. Les suicides dûs aux difficultés financières, endettement, jeux d’argent.

    Pour le coup, on parle de l’Arménie et c’est vrai que dans un pays où la crise fait rage, tout est propice à se divertir, s’évader et tenter de s’en sortir…

    Les dirigeants chinois prennent certes des mesures, mais il faudrait faire plus que cela et réduire certainement le nombre de casinos et vérifier l’accès, mais je doute fort que cela se produise.

    Le taux de suicide est important dans tous les pays, l’addiction fait rage et malgré les moyens mis en place, le taux n’a de cesse de grimper.

    Il faut cependant reconnaître que l’assemblée Arménienne met tout en place pour remédier à de telles conséquences.

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